Photo : Ethan Weatherby / ethanweatherby.format.com

Bruxelles – 2016 – Connexion musicale


Je suis dans un café glauque et très sale de Bruxelles près de la porte de Hal. Je viens de déjeuner place du Jeu de Balle, après un passage rapide au marché aux puces le plus célèbre de la ville. Je suis pas très bien, mon corps me fait comprendre que j’ai abusé. On abuse de plus en plus facilement depuis les environs de la fin 2012, vous l’avez sûrement remarqué tout comme moi, la tolérance des corps en ascension vibratoire est de plus en plus faible. Donc je suis rentré dans le premier café et j’ai commandé une bière d’excuse pour pouvoir demander les toilettes. Je monte en laissant le seul client.

Je redescends de ce voyage dans la saleté qu’on a tous pu connaître dans certains moments d’urgence en visite dans une grande ville à l’étranger. Je commence à la boire quand même cette bière et regarde les photos live de clients prises lors d’une soirée du lieu. Je vais mieux, je commence à bouger un peu et à taper machinalement du pied…ils passent un bon morceau d’électro que j’ai entendu pas mal de fois un peu partout sans faire trop attention…mais cette fois là je la donne mon attention. C’est quand même bon je me dis, ou c’est le mix qui est bon. Toujours ce même sentiment en Belgique…qu’ils aiment vraiment la musique, toutes les musiques…question électro c’est quand même le pays de la New Beat, de FRONT 242 et du Boccacio Life…this is the sound of Belgium…j’ai encore une ou deux cassettes…celui qui connaissait le DJ se faisait enregistrer sa cassette sur la console pendant la soirée…une chrome de préférence…type IV…après il dupliquait aux amis et connaissances…autre temps…on comprend que les fameuses lois d’attraction et de manifestation étaient un peu moins rapides…pas de musique sur internet.

J’affine l’écoute donc…oui c’est bon…c’est intelligent et bien construit…j’adore en fait…la voix du mec est grave et profonde…y’a des sons étonnants, des ruptures, des variations, des changements de rythme…des petites trouvailles qui sortent de nulle part…des harmonies originales et inspirées…un groove simple, clair et évident, mais quand tu approfondis tu te rends compte que c’est recherché…et vice-versa en partant du complexe qui devient évident…bref la classe quoi…c’est tout sauf plat ! Il y a un but, le morceau avance mais il ne s’effiloche pas. La foi apporte respect, calme et retenue. L’intention du coeur apporte la substance et la profondeur, le mood. Source divine, résultat de lumière. Fond et forme se rejoignent toujours, c’est vérifiable partout. C’est composé en somme. “Le mal ne compose pas”, Paul Claudel.

Je suis prêt à dégainer mon petit carnet de marcheur illuminé dans lequel je note entre autres les signes et synchronicités dont ma guidance m’abreuve à foison. Plus tu écoutes et notes, plus ils fournissent de l’envers invisible des apparences. Et plus ils envoient, plus ils te faut être attentif et noter. Une fois mordu à l’hameçon c’est fini pour toi ! Joué ! Dés que tu t’éloignes un peu ils balancent de l’appât, en attendant de ferrer définitivement un jour.

En attendant je le sors partout mon carnet, en toutes circonstances, par tous les temps et tous les jours. Rarement de portefeuille sur moi mais toujours le petit carnet magique, sinon je me sens nu. Je dois m’arrêter en pleine rue,  plusieurs fois dans la même rue parfois ! Des rafales inopinées de messages et signes peuvent surgir – Plaques de voitures, numéros de maisons, inscriptions, sons, conversations, mots, tickets au sol, formations dans les nuages, chiffres sur horodateur, pubs, lettrages de camionnettes. Ils font feu de tout bois. Je dois avoir l’air un peu étrange en ville en Sherlock Holmes illuminé compulsionnel, quelques femmes sourient en me croisant. Enfin voilà c’est ma manière de fonctionner.

Un qui est amusant c’est le double signe. Je l’ai eu en deux occasions. Comme la fois où je capte un message en tournant la tête vers un bus qui arrive vite vers moi alors que je traverse en courant en dehors du passage piéton et qu’en me posant la question “j’ai bien lu là ?” en arrivant au niveau du trottoir, là je baisse les yeux en un millième de seconde et fixe dans un focus direct et parfait un sachet individuel au sol d’une marque célèbre de gâteaux m’indiquant bien en gros et en rouge que j’avais bien LU. Je venais de demander à mes guides une solution rapide niveau double-emballage et rembourrage pour faire un colis d’un ampli à envoyer en Guadeloupe. J’étais très pressé car j’avais deux semaines pour déménager en urgence et pour me débarrasser de la moitié de mes affaires. J’avais vu “Lion d’Or” en un flash sur le système défilant d’affichage digital du bus et j’ai trouvé exactement ce qu’il me fallait devant les boutiques Place du Lion d’Or. Les sachets qui traînent ont leur utilité les amis !

 

Le morceau est bien entamé maintenant, on arrive vers la fin, et là bien en valeur détaché du reste : GOD IS A DJ ! C’est ressorti très nettement. Et puis comme une légère dépression dans l’atmosphère, une petite impulsion , un léger ressenti, un subtil je ne sais quoi qui te dit : c’est pour toi. On les reconnaît instantanément par la suite les messages envoyés par le Soi supérieur ou les anges. A l’émotion aussi. C’est dans le coeur.

Ici une des versions originales, celle de l’album SUNDAY 8 PM de 1998, avec le clip au style inimitable d’Anton Corbijn :

“Between  voice and drum

It’s in change

The poetic justice of cause and effect

Respect, love, compassion

This is my church”

Deux autres versions en fin de texte, une autre originale et un remix. Je ne sais pas laquelle des trois j’ai entendu dans le bar, mystère, mystère…

Et encore un très bon live de 8 minutes de 2015 dans la troisième partie de ce texte / http://selenityorchestra.fr/god-is-a-dj-3/

 

Donc je me disais que j’allais retrouver le morceau avec l’heure de passage sur la play-list de la la radio. Je fais ça de temps en temps. Je note quelques phrases dans le carnet, je paye, je sors et…je reste en ville alors que c’était prévu de rentrer et de travailler. J’avais loué sur AirBnB en Belgique espérant que le changement d’ambiance m’inspire. Je m’étais concocté un planning de guerre : pendant une semaine tu travailles et tu vas dans les parcs, seule sortie autorisée. Guerre perdue d’avance : la bérézina, pas loin de Waterloo. Dans les parcs j’y suis allé ça oui.

To All New Arrivals.jpg

“You told me the music matters…I won’t stop until the sun rise on us all”.

Mais en rentrant j’ai bossé ce soir là. J’ai tapé God is a DJ sur Gueule Goo, j’ai vite trouvé le nom du groupe : FAITHLESS. (A ne pas confondre avec Faith no more, pas de désillusion et de nihilisme ici, tout l’inverse). Et j’ai passé une bonne partie de la nuit à écouter des morceaux et des interviews de cet excellent groupe. Les deux membres leaders sont spirituels tout autant au niveau de l’inspiration créatrice, Maxi Jazz pour les textes, Sister Bliss pour les sons, quel duo !

Je vous ai mis un live en fin d’article, le révélateur c’est quand même la présence live. Lui donne des messages en s’aidant de son flow et de sa présence chaleureuse du coeur et elle, plus en retrait féminin, remplit l’espace avec des sons divins et puissants. Et puis ça suit sans problème au niveau basse, batterie-percussions et guitare.

J’aime beaucoup l’album To All New Arrivals. Sur la fiche wiki je lis qu’il n’a atteint que la 30ème place dans les charts anglais à sa sortie alors que le précédent était entré directement à la première. J’ai personnellement plutôt été guidé par une l’atmosphère plus intimiste de cet album cette nuit là et peut-être ai-je été attiré quelque part par la présence furtive de Robert Smith, j’aime à le penser.

J’étais venu travailler sur Amused to Death de Roger Waters et je me retrouve à prendre des notes sur Faithless, eh oui comme quoi c’est moi aux platines en apparence mais c’est un autre moi là-haut qui choisit les morceaux.

Je connaissais le groupe juste de nom sans plus. Je me demandais un peu pourquoi ce revirement, maintenant je sais. J’étais parti sur un projet de livre floydien, me voilà avec un blog. La fois où je me suis demandé par quel article je commençais mon blog parmi les 101 idées (qui se bousculent et que j’ai du mal à gérer) m’est venu le titre : “God is a DJ”. “Hein ? Sûr les gars ? Oui ? Ah bon. Ok c’est vrai c’est bon ça, très bon titre ! Merci ! Allez c’est parti ! A l’aventure !”. Pas trop contraignant de suivre ses intuitions dans ces conditions !

 

 

Grégoire Hulleu

 

 

En complément :

 

Le remix le plus connu, peut-être lui que j’ai entendu dans le bar, mystère pour moi :

God is a DJ – Faithless – Deadmau5 Remix

 

Une autre version originale, celle des Greatest Hits, très différente mine de rien :

Faithless – God is a DJ – Greatest Hits – Site xxtryme00

 

 

 

Posted by Grégoire Hulleu