Appel, coupures et synchronicités


Grégory m’appelle, il est sur l’autoroute vers le littoral, il rentre en Angleterre. Je pensais à lui et lui à moi sporadiquement depuis quelques heures, autour du moment où il quittait Lille.

La communication est coupée. J’attends quelqu’un qui vient chercher mon lecteur cd Rotel. Je vends tous les éléments de ma chaine, plus besoin de toute l’ancienne machinerie lourde, le vaisseau-terre s’allège et monte crescendo en vibration, alors j’écoute au casque pour l’accompagner, moi qui ne jurais que par le montage complexe d’éléments hi-fi sophistiqués.

On se recapte. Il me dit : “Eh quand ça a coupé j’ai allumé la radio. Devines ce qu’ils ont passé à ce moment là !”

Ca recoupe

On se recapte. Je lui dis un peu à la cantonade tout en flairant quelque chose : “Je sais c’était Another Brick In The Wall, part II” – “Comment tu sais ?” – “A ta façon de poser la question…et pour moi Grégory c’est Pink Floyd, c’est ce qu’on écoutait dans ma piaule il y a 20 ans quand on était en stage” – “Oui c’est vrai”

Alors on parle des signes et synchronicités, tout comme les deux fois précédentes où on s’est eu au téléphone. Il me dit si je me souviens bien qu’il est de plus en plus intrigué par ce phénomène quand même étonnant, dingue et questionnant. La phase du début pour pas mal de monde. Moi c’était il y a deux ans, la période ou j’achetais les magasines Nexus et Inexploré. Ils savent bien mettre l’eau à la bouche sur un tas de sujets mais ne vont pas assez loin je trouve, y’a comme un blocage. Niveau synchronicités on en est maintenant au niveau de la conscience de notre espèce à la méta clé numéro 4 de Jérôme RodAnge (ex Matanael). J’avais mis le lien déjà dans mon premier texte God is a DJ (dans la partie dédiée aux signes et synchronicités) / http://selenityorchestra.fr/god-is-a-dj-3/

Plusieurs années avant, j’avais eu une conversation avec mon oncle prêtre, qui avait commencé anodinement et puis qui s’est avérée une histoire de fou comme c’est très souvent le cas avec ce que nos équipes là-haut nous organisent. Il avait eu trois rencontres dans sa vie la semaine précédente qui lui avaient permis de trouver la cause de sa fatigue chronique malgré un sommeil régulier et suffisant en heures. Il avait la maladie du sommeil. Et moi la même semaine trois signes qui m’avaient dirigé vers un bracelet “quantique”. Mes vertiges avaient disparu dès que je l’avais enfilé – stoppés instantanément, en plein centre ville, alors que je ne pouvais plus m’y rendre depuis des années. Je me suis senti comme centré, détendu et aligné après une heure d’acupuncture. Un des signes que m’avait flashé (c’est eux qui créent l’appel) était une photo dans un magasine de Laurent Blanc sur son banc de touche – je m’étais dit “tiens c’est quoi cette montre profilée” et de fil en aiguille je me suis retrouvé à faire des recherches sur la physique quantique…

En rentrant de ce repas avec mon oncle une intuition m’a dit de m’arrêter au feu…vert pour moi…deux heures de matin…un dimanche…dans cette petite ville… “mais pourquoi ?” me suis-je demandé, freinant quand même un peu étrangement au milieu du carrefour désert. Là une voiture arrive à fond de la droite…passée au rouge comme une bombe…séquence émotion…j’en avais besoin mon dieu de cette lumière qui passe en silence dans ma nuit de vie de l’époque…signature de là-haut qui m’a aidé à tenir le coup…merci encore !

Ce genre de scène : tu comprends dans l’instant que tu n’est pas tout seul dans ce monde soit totalement inhumain, soit qui verse dans le sentimentalisme idiot. Et comme la religion n’est pas la solution non plus, c’est le moins qu’on puisse dire…coup de frein salutairement provoqué pour m’aider à négocier ce carrefour de ma vie…suivre les signes, croire à sa bonne étoile, savoir qu’on est entre bonnes mains, persister dans une voie hors de tous les courants fabriqués par la société…espoir…pas encore la foi…foi latente…foi l’attente…foie l’attente…plus de suicide en vue en tout cas.

J’aurais dû appeler mon oncle dès le lendemain pour lui dire ce qui m’était arrivé en rentrant. Mon ami Grégory lui je l’ai appelé le lendemain pour lui dire que j’avais eu l’idée de commencer un petit texte sur Pink Floyd en parlant de notre synchronicité et pour lui demander s’il était d’accord. Ce fut d’accord.

 

Astronomy Domine


1967…premier album…premier morceau…premiers sons émis…des noms d’astres, de planètes, de constellations…le manager du groupe les donne dans un mégaphone…The Floyd’s manager…on entends pas très bien…y’a comme un brouillage…un voile…puis dans le morceau… “Jupiter and Saturn, Obéron, Miranda and Titania. Neptune, Titan”…

2014…dernier album…dernier morceau…derniers mots : “le battement de nos coeurs, est plus fort que les mots…plus fort que les mots – cette chose qu’ils appellent âme…est là avec une pulsation plus forte que les mots”…

De 67 à maintenant : de la révolte des âmes à la récolte des âmes.

67 – recherche d’étoiles grâce aux sensations offertes par une révolte extérieure.

2014 – on retrouve la pulsation de son coeur en se recentrant sur soi-même.

Un coeur bat au même rythme qu’une galaxie

 

50 ans

Deux albums et deux morceaux radicalement différents

Deux modes de création aussi

Deux leaders tout autant

1967 – C’est Syd Barrett le créateur et leader du groupe. Il est arrivé à la demande de Roger Waters qui est passé au poste de bassiste pour permettre la venue de son ami d’enfance. Il fascine beaucoup, il est surdoué et mystique. Syd compose quasi la quasi intégralité du premier album resté mythique The Piper at the Gates of Dawn, qui sort en plein summer of love londonien.

Le tout premier dont on parlait, Astronomy Domine Pink Domine – Version Officielle – EMI

Comme disent les anglais, Astronomy Domine ? Indeed.

2014 – C’est sous l’autorité de David Gilmour que sort le dernier Pink Floyd, The Endless River, après 20 ans de silence (Gilmour avait rejoint le groupe en 67 pour épauler Syd en tant que deuxième guitariste et il est considéré aujourd’hui comme un des meilleurs du monde !). Le projet était prévu sans parole. Silence et guitare.

Finalement ont été ajoutées au dernier morceau des paroles qui étaient venues à Polly Samson, sa compagne, pendant la réunion Live 8 de 2005 où le groupe avait enfin rejoué ensemble 24 années après leur dernier concert. Ils n’ont jamais rejoué au complet depuis puisque Richard Wright et Syd Barrett nous ont quitté peu après. Live 8 organisé par Bob Geldof qui joue Pink dans le film The Wall, tout se tient…

Le dernier morceau de Pink Floyd, Louder Than Words (4,44 min.) : Louder than Words – Official Music Video

Comme une boucle qui se referme sur ce groupe majeur grâce à un apport féminin, dernière pointe douce, discrète et apaisante à la longue aventure conflictuelle du groupe.

Pink Floyd s’est adapté comme un caméléon dynamique et intelligent aux périodes qu’il a vécu et il en a photographié la texture comme un instant présent évolutif. Peu de groupes l’ont fait – il faut durer et être divinement inspiré tout le long, sinon c’est la répétition cyclique morbide.

 

Avant d’attaquer la numérologie, j’ai fais un petit tableau pour essayer de synthétiser cette évolution de 50 ans vécue par l’humanité  pour entrer dans l’ère du verseau qui ne fait que commencer :

  • Fin années 60 & années 70Effervescence et déconstruction – Expériences et expérimentations – Révoltes pour plus de libertés – Contestations – Féminisme – Mouvements artistiques – Accès au confort – Anciens pouvoirs patriarcaux débordés

Début décennie : Création du groupe après d’autres expériences – Abandonnent leurs études – Nouveau style de rock progressif et psychédélique – Albums expérimentaux  – lives avant enregistrement studio – Mélanges d’influences orientales – Nouveaux jeux avec la lumière et projections –  Premier leader Syd Barrett ne peut assurer son rôle (maladie mentale, prise de drogues) après un premier album OVNI, The Piper at the Gates of Dawn, qu’ils jouent à l’UFO club.

Seconde moitié décennie : Waters prends le leadership néanmoins l’apport les autres membres est  unique et essentiel -Succès mondiaux gigantesques : Dark Side of the Moon, Animals, Wish you were here. Professionnalisation – Importance capitale de l’enregistrement et des ingénieurs du son – Tournées mondiales de shows pharaoniques dans des grands stades – Sons et lumières en quadriphonie – Enregistrement de The Wall fin 79 : questionnements, paranoïa et colère du deuxième leader, Roger Waters – Conflits dans le groupe – Richard Wright est viré du groupe par Waters car n’est pas productif.

 

  • Années 80 – Grande créativité artistique et liberté dans la société. Jouissances diverses, années fric – Démocratisation du confort – Mais consolidation et durcissement des pouvoirs – Capitalisation et Monétarisation – Installation planétaire définitive du matérialisme – Thatcher (“L’économie politique est le moyen, le but est de changer l’âme”) – Reagan – SIDA – Chute du mur de Berlin

Début décennie : Tournée mondiale de The Wall : gigantisme créatif, spectacle total, “théatre intégral”- Ne sera jamais rentable – Double album le plus vendu à ce jour – Le film sort en 82 – Waters quitte le groupe en 85.

Fin décennie : Un album avec Gilmour comme troisième leader : énorme tournée mondiale très rentable et sortie d’un live.

 

  • Années 90 – Désillusion, crainte, repli et torpeur – Financiarisation – Cynisme – Guerre du Golfe – Mondialisation – Mais nouvelles technologies de l’information et de communication : téléphonie mobile, internet, chaînes câblées – Ouverture internationale.

Un seul album, toujours suivi d’une immense tournée mondiale et d’un live – Capitalisation – Argent rentre à flot – Dépression et décés de Wright – Décés de Barrett – Difficultés pour Roger Waters en solo – Concerts annulés faute de demande mais composition de son plus grand chef d’oeuvre : Amused To Death. Participation Live 8  organisée par Bob Geldof (Pink dans the Wall) : ils n’avaient pas joué ensemble depuis 24 ans et ne rejoueront plus jamais au complet.

 

  • Années 2000 – Affolement, désespoir, morbidité – Repli sur soi – Millénarisme – Dictature totale des marchés et des multinationales – Finance de l’ombre, paradis fiscaux, fonds spéculatifs et produits dérivés – Euro – 11 Septembre – Effondrement boursier en 2002 (nouvelles technologies) – Bush, ce fils de…Bush – Blair – Merkel – Puissance chinoise – Mais mouvement de retour vers la nature et le bien-être – Essor important des mouvements décroissants et bio.

Quelques productions sporadiques

 

  • Années 2010 à maintenant – Terreur totale et vide intégral – Décadence et supercialité revendiqués – Islamisation, sionisme et intégrismes au grand jour – Terrorisme – Kitch, People, satanisme et ploutocratie affichés – mais renouveau dans ce chaos : douceur, compassion, spiritualité, éveil et prise de conscience au pied du mur – Ere du Verseau – Divulgation douce mais très large – Retour Russie – Poutine.

Nouvel album de Roger 25 ans après Amused To Death et de Gilmour. Reviennent comme des fleurs, rayonnants et apaisés. 

 

Grégoire Hulleu

Posted by Grégoire Hulleu